Michel Houellebecq -- Combat toujours perdant
Bonne description poétique de l'inexorabilité de la mort
Combat toujours perdant
On comprend qu’il y a très peu d’issues possibles
Vraiment très peu, vraiment
Il n’y en a au fond qu’une, et des détails pénibles,
Combat toujours perdant.
On ne reverra plus ni les champs ni les plaines,
Les montagnes non plus
On ne connaîtra plus ni l’amour ni la haine,
Tout aura disparu.
On ne demandera qu’une mort sans souffrance,
Une combinaison de différents produits
Pour vous aider un peu à traverser la nuit
Une combinaison de différentes substances,
Combat perdu d’avance.
Tristes Falaises
À la fin le regret se transforme en remords
On entre malgré soi dans un cosmos étrange
On en vient à rêver à l’existence des anges,
Mais on reste incapable d’apprivoiser la mort
Et doucement tout s’amenuise
Dans la répétition des jours,
Lorsque le corps lutte et s’épuise
Disparaît l’idée de l’amour.
Les simulacres d’amitié
S’effondrent en bloc, tristes falaises
Chues dans un gouffre sans pitié,
Débris de très vieilles fadaises.
Tout se terminera en petits grognements
Lit médicalisé dans une banlieue blanche
Ce sera mercredi, samedi ou dimanche,
Le corps inconsolé s’éteindra calmement.
Non, cette vie n’est pas suffisante, elle ne peut contenir la millième partie de nos rêves.